# Le prêt de voiture entre particuliers est-il bien couvert par l’assurance ?
Le prêt de véhicule entre particuliers est devenu une pratique courante dans le quotidien des Français. Que ce soit pour dépanner un proche le temps d’un week-end, partager la conduite lors d’un long trajet en vacances, ou permettre à un ami d’effectuer une course urgente, cette situation soulève des interrogations légitimes concernant la couverture assurantielle. En France, plus de 70% des automobilistes ont déjà prêté leur voiture à un tiers au moins une fois, mais seulement 40% d’entre eux connaissent précisément les conditions de leur contrat d’assurance à ce sujet. Cette méconnaissance peut avoir des conséquences financières importantes en cas de sinistre. Comprendre les mécanismes de l’assurance automobile lors d’un prêt de véhicule est essentiel pour éviter les mauvaises surprises et circuler en toute sérénité.
Le cadre juridique du prêt de véhicule entre particuliers selon le code des assurances
Le système d’assurance automobile français repose sur un principe fondamental : c’est le véhicule qui est assuré, et non exclusivement le conducteur. Cette distinction, inscrite dans le Code des assurances, permet théoriquement à toute personne autorisée de prendre le volant d’un véhicule assuré. Toutefois, cette autorisation doit respecter un cadre légal strict et les dispositions contractuelles spécifiques à chaque compagnie d’assurance.
L’article L211-1 du code des assurances et la garantie responsabilité civile obligatoire
L’article L211-1 du Code des assurances établit l’obligation pour tout propriétaire de véhicule terrestre à moteur de souscrire une assurance couvrant sa responsabilité civile. Cette garantie, communément appelée assurance au tiers, représente le socle minimal de protection légale. Elle couvre les dommages corporels et matériels causés à des tiers lors d’un accident, quel que soit le conducteur au volant au moment du sinistre. Cette couverture reste active même lorsque vous prêtez votre véhicule à un ami ou un membre de votre famille, à condition que le prêt respecte les conditions générales du contrat. Selon les statistiques de la Fédération Française de l’Assurance, cette garantie obligatoire intervient dans plus de 85% des sinistres automobiles impliquant un conducteur occasionnel.
La distinction entre prêt occasionnel et prêt régulier dans la jurisprudence française
La jurisprudence française a progressivement établi une distinction claire entre deux types de prêt de véhicule. Le prêt occasionnel se caractérise par sa nature ponctuelle et sa courte durée, généralement limitée à quelques jours. Ce type de prêt est généralement couvert par les contrats d’assurance standard sans nécessiter de démarches particulières. À l’inverse, le prêt régulier désigne une situation où une même personne utilise fréquemment le véhicule, que ce soit pour des trajets quotidiens domicile-travail ou des usages hebdomadaires répétés. Dans ce second cas, les tribunaux ont systématiquement considéré que l’assuré devait informer son assureur et, le cas échéant, déclarer cette personne comme conducteur secondaire. Une décision de la Cour de cassation de 2019 a confirmé qu’un prêt dépassant 30 jours cumulés sur une année devait être qualifié de régulier.
Les obligations déclaratives du prêteur auprès de son assureur
En pratique, vous avez l’obligation d’informer votre assureur de tout élément susceptible de modifier le risque initialement déclaré : usage du véhicule, kilométrage, mais aussi identité et profil des conducteurs habituels. L’article L113‑2 du Code des assurances impose ainsi à l’assuré de déclarer « en cours de contrat, les circonstances nouvelles qui ont pour conséquence d’aggraver les risques ou d’en créer de nouveaux ». Le fait qu’un tiers utilise régulièrement votre voiture, notamment un jeune conducteur ou une personne au profil plus risqué, entre clairement dans ce cadre. À défaut de déclaration, l’assureur peut appliquer une réduction d’indemnité, voire refuser sa garantie si la mauvaise foi de l’assuré est établie.
Concrètement, si vous savez qu’un proche va conduire votre véhicule de manière répétée (pour aller travailler, étudier ou assurer des trajets hebdomadaires), vous devez demander à ce qu’il soit ajouté comme conducteur secondaire via un avenant. Cette formalité peut entraîner une surprime, mais elle sécurise votre couverture en cas de sinistre. À l’inverse, si vous omettez volontairement de déclarer cet usage régulier pour économiser quelques euros, l’assureur pourra invoquer la fausse déclaration en cas d’accident grave. Mieux vaut donc jouer la transparence, même si cela implique une légère augmentation de la prime d’assurance auto.
Le régime de la conduite exclusive versus la conduite partagée
Les contrats d’assurance auto se partagent globalement entre deux grandes philosophies : la conduite exclusive et la conduite partagée (ou prêt du volant autorisé). Dans un contrat avec clause de conduite exclusive, un seul conducteur est autorisé à utiliser le véhicule : le conducteur principal désigné. Ce type de formule est souvent proposé avec une prime attractive, mais il implique en contrepartie une interdiction stricte de prêter sa voiture à un tiers, sauf cas très limitativement prévus. Si l’assureur découvre qu’un sinistre est survenu alors qu’une autre personne était au volant, il peut appliquer une franchise très fortement majorée, voire refuser l’indemnisation des dommages au véhicule.
À l’inverse, les contrats de conduite partagée prévoient expressément la possibilité de prêter votre voiture à un conducteur occasionnel, sans formalités spécifiques, dès lors que celui-ci possède un permis valide et respecte les conditions d’usage prévues au contrat. La couverture est alors plus souple, mais la prime peut être légèrement plus élevée, notamment si le véhicule est régulièrement utilisé par plusieurs membres du foyer. Vous hésitez entre les deux régimes ? On peut comparer cela à une location de logement : un bail « résidence principale » (conduite partagée) laisse davantage de latitude à l’occupant, tandis qu’une location très encadrée (conduite exclusive) impose des règles strictes mais à un coût potentiellement plus faible. À vous d’arbitrer entre flexibilité et économie apparente.
La couverture assurantielle du conducteur occasionnel non désigné au contrat
Lorsque vous prêtez votre voiture de manière ponctuelle à un ami ou à un membre de votre famille non mentionné au contrat, la question clé est la suivante : jusqu’où votre assurance auto acceptera-t-elle de jouer ? En théorie, le principe posé par le Code des assurances est clair : la garantie responsabilité civile suit le véhicule, pas la personne. En pratique, les assureurs encadrent très précisément la couverture du conducteur occasionnel non désigné, par des clauses relatives au prêt de volant, à la franchise majorée ou encore aux profils exclus (jeune conducteur, permis probatoire, etc.).
Les garanties automatiquement activées lors d’un prêt ponctuel de véhicule
Dans la grande majorité des contrats d’assurance auto, un prêt ponctuel de véhicule à un tiers autorisé active automatiquement, au minimum, la garantie responsabilité civile. Autrement dit, si votre ami provoque un accident responsable avec votre voiture, votre assureur indemnisera les dommages matériels et corporels subis par les victimes, dans les limites prévues par le contrat. Cette protection s’applique même si vous n’êtes pas présent dans le véhicule, et même si l’emprunteur ne figure pas nominativement sur votre police d’assurance, dès lors que le prêt n’est pas contraire aux conditions contractuelles.
En revanche, les garanties facultatives – comme la garantie dommages tous accidents, vol, incendie ou bris de glace – ne jouent pas toujours de la même manière pour un conducteur occasionnel. Certains assureurs couvrent les dommages au véhicule dans les mêmes conditions que si vous étiez au volant, d’autres appliquent systématiquement une franchise plus élevée, voire excluent la prise en charge si le conducteur ne remplit pas certains critères. Il est donc essentiel de vérifier si votre contrat prévoit un « prêt de véhicule sans restriction » ou au contraire une « majoration de franchise en cas de conducteur non désigné ». Sans cette vérification, vous pourriez découvrir après coup que votre voiture n’est indemnisée qu’en partie.
Les exclusions de garantie liées au profil de l’emprunteur : jeune conducteur et permis probatoire
Les jeunes conducteurs et titulaires de permis probatoire représentent, statistiquement, un risque accru pour les assureurs : les études de la Sécurité routière montrent qu’ils sont surreprésentés dans les accidents corporels graves. De ce fait, de nombreux contrats d’assurance auto prévoient des exclusions ou restrictions spécifiques en cas de prêt du véhicule à ce type de profil. Il n’est pas rare de trouver une clause indiquant que le prêt de volant est interdit aux conducteurs ayant moins de trois ans de permis, ou autorisé uniquement moyennant une franchise supplémentaire très élevée.
Concrètement, si vous laissez votre voiture à votre enfant fraîchement diplômé du permis ou à un ami en permis probatoire, sans vérifier votre contrat, vous pouvez vous exposer à des conséquences financières lourdes en cas de sinistre. Certains assureurs indemnisent tout de même les victimes au titre de la responsabilité civile – obligation légale oblige – mais laissent à votre charge une part importante des dommages au véhicule, voire réduisent fortement l’indemnisation. Un bon réflexe consiste donc à contacter votre assureur avant tout prêt à un jeune conducteur, afin de vérifier si un avenant « conducteur secondaire » ne serait pas plus adapté qu’un simple prêt occasionnel, surtout si l’utilisation risque de se répéter.
Le principe de la clause de conduite et ses dérogations contractuelles
La plupart des assureurs insèrent dans leurs contrats ce qu’on appelle une clause de conduite ou « clause de prêt du volant ». Cette clause définit précisément qui a le droit de conduire le véhicule assuré, dans quelles conditions, et avec quels effets sur la franchise ou l’indemnisation. Elle peut prévoir un prêt sans restriction, un prêt autorisé mais assorti d’une franchise majorée, un prêt excluant certains profils (novices, conducteurs résiliés, personnes sans antécédents d’assurance récents), ou encore une interdiction totale de conduire pour tout tiers non désigné.
Il existe toutefois des dérogations contractuelles possibles. Par exemple, certains assureurs acceptent de lever temporairement la clause restrictive à la demande de l’assuré, pour un événement ponctuel (déplacement longue distance, déménagement, voyage à l’étranger), moyennant une surprime limitée. D’autres proposent des options payantes permettant de transformer une conduite exclusive en conduite partagée. On peut comparer cela à l’ajout d’options sur un billet d’avion : le vol de base est identique, mais vous payez un supplément pour embarquer un bagage supplémentaire ou choisir votre siège. Dans le cas présent, ce supplément vous permet de prêter votre véhicule avec une sérénité juridique bien plus grande.
La franchise majorée applicable en cas de sinistre avec conducteur secondaire
Un des mécanismes les plus fréquents en matière de prêt de volant est la franchise majorée. Elle consiste à augmenter la part des dommages restant à votre charge lorsque le sinistre survient avec un conducteur non désigné ou occasionnel. Par exemple, une franchise habituelle de 300 € peut être portée à 800 €, 1 000 € voire davantage si le véhicule était conduit par un emprunteur ne figurant pas sur le contrat ou ne remplissant pas les critères de la clause de prêt de volant. Cette majoration est destinée à compenser, pour l’assureur, le surcroît de risque lié à un conducteur moins connu ou jugé plus aléatoire.
Il est important de distinguer ici deux situations. Si le conducteur secondaire est dûment déclaré au contrat via un avenant, la franchise applicable reste généralement celle du conducteur principal, voire une franchise intermédiaire si le profil est plus risqué (jeune conducteur, antécédents de sinistres). À l’inverse, si vous prêtez votre voiture à un tiers sans l’avoir déclaré alors que le contrat l’exige, l’assureur peut appliquer une franchise « sanction » très élevée, ou réduire le montant de l’indemnisation en proportion de la prime qui aurait dû être payée. Avant de confier vos clés, posez-vous donc la question suivante : en cas de gros accident, accepteriez-vous de devoir régler plusieurs centaines ou milliers d’euros de votre poche ?
Les clauses restrictives des contrats d’assurance automobile limitant le prêt
Si le Code des assurances autorise en principe le prêt de véhicule, les contrats d’assurance auto encadrent cette faculté de manière plus ou moins stricte. Certaines compagnies se montrent très souples et n’appliquent aucune pénalité en cas de conducteur occasionnel, tandis que d’autres ont bâti leur modèle économique sur des formules à conducteur désigné ou à prêt du volant très limité. Pour vous, assuré, la difficulté vient du fait que ces clauses restrictives sont parfois noyées dans de longues conditions générales, rédigées dans un langage technique peu accessible.
La clause de conducteur désigné chez direct assurance et amaguiz
Des acteurs comme Direct Assurance ou Amaguiz ont popularisé, ces dernières années, des contrats à conducteur désigné. Dans ce type de formule, un ou deux conducteurs maximum sont autorisés à utiliser le véhicule : le conducteur principal et, le cas échéant, un conducteur secondaire clairement identifié. Le prêt du véhicule à tout autre tiers est alors strictement encadré, voire prohibé. Si un sinistre survient avec un conducteur non désigné, l’assureur applique souvent une franchise majorée élevée, et peut limiter l’indemnisation des dommages au véhicule, en particulier pour les garanties tous risques.
Pourquoi ces assureurs recourent-ils à cette stratégie ? Principalement pour mieux maîtriser le risque, en sachant précisément qui prend le volant au quotidien, et ainsi proposer des tarifs agressifs aux profils jugés « bons conducteurs ». Pour l’assuré, l’intérêt peut être économique, mais il suppose d’accepter une vraie discipline dans l’usage du véhicule : pas de prêt improvisé à un voisin, pas de partage fréquent avec un ami non déclaré. Avant de souscrire ce type de contrat, demandez-vous si votre mode de vie est compatible avec ces restrictions, et lisez attentivement la partie « Conducteur désigné – prêt du volant » des conditions générales.
Les conditions d’âge et d’ancienneté de permis imposées par les assureurs
Au-delà de la désignation nominative des conducteurs, de nombreux contrats d’assurance auto prévoient des conditions d’âge minimum et d’ancienneté de permis pour autoriser le prêt de la voiture. Il n’est pas rare de voir mentionné, par exemple, que le véhicule ne peut être conduit par un tiers que s’il est âgé d’au moins 23 ou 25 ans et titulaire du permis B depuis deux ou trois ans. Ces restrictions s’appliquent même si le prêt est ponctuel et gratuit, précisément pour limiter l’exposition aux risques liés à l’inexpérience au volant.
Si ces seuils ne sont pas respectés, l’assureur peut considérer que le prêt est contraire au contrat et ajuster en conséquence son intervention. Dans les cas les plus « doux », seule la franchise sera fortement majorée ; dans les scénarios plus sévères, les dommages au véhicule ne seront pas indemnisés du tout, seule la responsabilité civile restant acquise. Vous envisagez de laisser votre voiture à votre neveu de 19 ans pour le week‑end ? Avant de le faire, un simple coup d’œil à la rubrique « Conditions d’âge et de permis » de votre police peut vous éviter de transformer un service rendu en casse-tête financier.
Les restrictions géographiques et temporelles du prêt de véhicule
Les limitations au prêt de voiture ne se résument pas au profil du conducteur : elles peuvent aussi être d’ordre géographique ou temporel. Certains contrats précisent ainsi que le prêt du véhicule n’est autorisé que pour un usage privé et sur le territoire français (ou dans une liste de pays déterminée par la carte internationale d’assurance). Si l’emprunteur emmène la voiture à l’étranger dans un pays non couvert, la garantie peut être réduite aux seuls dommages causés aux tiers, sans prise en charge des dégâts sur votre véhicule. De même, des exclusions existent parfois pour les usages professionnels ou commerciaux, par exemple si l’emprunteur utilise votre voiture pour effectuer des livraisons rémunérées.
Sur le plan temporel, quelques assureurs distinguent le prêt de courte durée (une soirée, un week-end) et le prêt de longue durée (plusieurs semaines ou mois). Au-delà d’une certaine durée, l’usage par un tiers est assimilé à un prêt régulier, et doit donner lieu à une déclaration formelle à l’assureur. En cas d’accident survenu après un mois de prêt ininterrompu, un contrat qui ne prévoyait que le prêt occasionnel pourra être appliqué de manière restrictive. Là encore, l’analogie avec la location immobilière est parlante : prêter votre voiture quelques jours revient à « dépanner » un ami, alors que la laisser plusieurs mois à la même personne se rapproche d’une « sous‑location » que votre assureur souhaite encadrer.
La procédure de déclaration de sinistre lors d’un accident avec véhicule emprunté
Lorsqu’un accident survient avec une voiture prêtée, la procédure de déclaration de sinistre reste globalement la même que pour tout autre accident, mais avec quelques points de vigilance supplémentaires. Le conducteur occasionnel doit avant tout remplir, avec l’autre partie impliquée, un constat amiable en mentionnant clairement qu’il n’est pas le propriétaire du véhicule. Il indiquera ses coordonnées dans la rubrique qui lui est réservée, et précisera le nom de l’assuré ainsi que le numéro de contrat si ces informations lui sont connues. En parallèle, il doit prévenir immédiatement le propriétaire du véhicule, afin que celui-ci puisse contacter son assureur dans les délais légaux, généralement cinq jours ouvrés à compter du sinistre.
C’est en effet au titulaire du contrat d’assurance, c’est‑à‑dire au prêteur, qu’il revient de déclarer officiellement le sinistre à la compagnie, même s’il n’était pas au volant au moment des faits. Il devra transmettre à son assureur le constat amiable signé, un récit des circonstances telles que rapportées par l’emprunteur, ainsi que, le cas échéant, tout document complémentaire (photos, témoignages, procès-verbal de police). L’assureur analysera ensuite le dossier en tenant compte, d’une part, des règles générales d’indemnisation (responsabilités respectives, type de garantie souscrite) et, d’autre part, des conditions spécifiques au prêt de véhicule prévues au contrat (clause de conduite exclusive, franchise majorée, exclusions). En cas de désaccord entre le propriétaire et l’emprunteur sur les circonstances de l’accident, il est préférable de le signaler clairement à l’assureur dès la déclaration, pour éviter toute suspicion de fraude.
Les solutions alternatives : avenant conducteur secondaire et assurance temporaire ornikar
Face aux nombreuses restrictions applicables au prêt de véhicule entre particuliers, deux grandes solutions permettent de sécuriser la situation : l’avenant de désignation d’un conducteur secondaire et l’assurance auto temporaire. Dans le premier cas, vous adaptez votre contrat d’assurance auto en y intégrant durablement un nouvel utilisateur régulier de votre voiture. Dans le second, vous optez pour une couverture ponctuelle, souvent via un assureur spécialisé ou un partenaire comme Ornikar, pour quelques jours ou quelques semaines seulement. Ces dispositifs répondent à des besoins différents, mais poursuivent le même objectif : que le risque soit correctement déclaré et que chacun sache précisément qui est couvert, pour quoi, et à quelles conditions.
L’avenant de désignation de conducteur occasionnel et son coût moyen
Ajouter un conducteur secondaire via un avenant est la solution la plus simple lorsque le prêt de votre voiture cesse d’être purement occasionnel. Votre conjoint utilise régulièrement votre véhicule pour aller travailler ? Votre enfant en études supérieures prend la voiture tous les week‑ends ? Dans ces cas de figure, la plupart des assureurs exigent que cette personne soit déclarée, ce qui permet de lui faire bénéficier des mêmes garanties que vous, dans le respect du contrat. L’avenant précise l’identité, l’âge, l’ancienneté de permis et, le cas échéant, l’historique d’assurance du nouveau conducteur.
Le coût moyen d’un tel avenant dépend fortement du profil déclaré. Pour un conducteur expérimenté, sans sinistre responsable récent, l’ajout peut parfois être gratuit ou entraîner une hausse modérée de la prime annuelle (de l’ordre de 5 à 15 %). En revanche, pour un jeune conducteur ou un profil considéré comme « à risque » (antécédents de sinistres ou de résiliation), la surprime peut être significative, parfois jusqu’à +50 % sur la cotisation de base. Cela peut paraître élevé, mais il faut le mettre en balance avec le risque de voir un sinistre mal couvert ou partiellement indemnisé. De plus, déclarer un jeune conducteur en tant que secondaire lui permet de commencer à constituer un historique d’assurance favorable en vue de l’achat de son propre véhicule.
L’assurance auto temporaire pour emprunteur via allianz et macif
Lorsque le besoin de prêt de voiture est vraiment ponctuel, une alternative intéressante consiste à souscrire une assurance auto temporaire, proposée notamment par des assureurs comme Allianz ou Macif via certaines offres dédiées. Ce type de contrat couvre un véhicule pour une durée limitée, allant en général de 1 jour à 90 jours, avec une prime calculée en fonction de la période choisie, du profil de l’emprunteur et des caractéristiques du véhicule. Dans ce schéma, l’emprunteur devient lui‑même le souscripteur de l’assurance temporaire, ce qui permet de clarifier la prise en charge du risque et d’isoler son éventuel impact sur le bonus‑malus.
Les garanties incluses dans une police temporaire varient selon les formules, mais comprennent au minimum la responsabilité civile obligatoire, souvent complétée par une assistance, une protection juridique et, en option, une garantie dommages. Le coût journalier est généralement plus élevé que sur un contrat annuel classique, mais l’absence d’engagement sur la durée peut s’avérer avantageuse pour un prêt de courte période. Une assurance temporaire est particulièrement pertinente si votre contrat principal interdit le prêt de volant ou applique une franchise rédhibitoire, ou encore si l’emprunteur présente un profil que votre assureur habituel refuse (par exemple, un conducteur résilié ou malussé). Dans tous les cas, il est crucial de bien vérifier que l’assureur temporaire accepte de couvrir un véhicule prêté, et non uniquement un véhicule appartenant à l’emprunteur.
Les plateformes de prêt entre particuliers getaround et leur assurance intégrée
Le développement des plateformes de location de voiture entre particuliers, comme Getaround (ex‑Drivy), Ouicar ou d’autres acteurs, a profondément modifié le paysage du prêt de véhicule. En passant par ces intermédiaires, vous ne « prêtez » plus votre voiture au sens strict, vous la louez à un tiers dans un cadre contractuel bien défini, assorti d’une assurance intégrée spécifique à la location. Concrètement, pendant la durée de la location, c’est le contrat collectif souscrit par la plateforme auprès d’un assureur partenaire qui couvre les risques, et non plus votre police d’assurance auto habituelle.
Cette assurance inclut en général la responsabilité civile obligatoire, une garantie dommages au véhicule, ainsi qu’une assistance en cas de panne ou d’accident, avec des franchises et des plafonds clairement annoncés. L’un des grands avantages de ce système est que, lorsque le locataire provoque un accident responsable, c’est le contrat de la plateforme qui est impacté, pas votre bonus‑malus personnel. En revanche, vous devez accepter les conditions imposées par la plateforme : restrictions sur l’âge et l’ancienneté de permis des locataires, niveau de franchise, pays autorisés, etc. Si vous prêtez régulièrement votre véhicule à des tiers contre rémunération, recourir à une plateforme spécialisée dotée de sa propre assurance est souvent plus sûr – et plus conforme au droit – qu’un prêt informel non déclaré à votre assureur.
Les conséquences du bonus-malus et de la responsabilité pénale en cas de prêt non couvert
Au‑delà des questions purement contractuelles, prêter sa voiture sans respecter les conditions de son assurance peut avoir deux types de conséquences majeures : sur votre bonus‑malus d’une part, et sur votre responsabilité pénale d’autre part. Beaucoup d’automobilistes ignorent encore qu’en cas d’accident responsable, le malus s’applique toujours au contrat du véhicule impliqué, et donc au propriétaire, même si celui‑ci n’était pas au volant. Autrement dit, si vous prêtez votre voiture à un ami qui provoque un sinistre, c’est votre coefficient de réduction‑majoration qui sera impacté, pas le sien, sauf si une assurance temporaire séparée a été souscrite à son nom.
Sur le plan pénal, les choses peuvent être encore plus sensibles. Si vous prêtez votre véhicule à une personne dont vous savez qu’elle n’a pas de permis valide, qu’elle est en état d’ivresse manifeste ou sous l’emprise de stupéfiants, vous pouvez être poursuivi pour complicité de certaines infractions. En cas d’accident grave, les juges n’hésitent pas à rechercher la part de responsabilité du propriétaire qui a laissé son véhicule à un conducteur manifestement inapte ou dangereux. Imaginez que vous remettiez vos clés à un ami alcoolisé en sortie de soirée : au‑delà de la question de l’indemnisation, c’est votre propre responsabilité devant les tribunaux qui pourrait être engagée.
Dans le cadre strict de l’assurance, un prêt non couvert – par exemple en violation d’une clause de conduite exclusive ou à un conducteur explicitement exclu par le contrat – peut conduire l’assureur à exercer un recours contre vous ou contre l’emprunteur après avoir indemnisé les victimes au titre de la responsabilité civile. Autrement dit, il paiera d’abord pour respecter la loi, puis viendra vous demander le remboursement de tout ou partie des sommes versées. C’est un peu comme un prêt bancaire accordé sans respecter les conditions : l’argent sort quand même, mais la banque se retourne ensuite contre l’emprunteur pour récupérer sa mise. Pour éviter d’en arriver là, la règle d’or reste la même : avant de prêter votre voiture, vérifiez votre contrat, échangez avec votre assureur si nécessaire, et assurez-vous que l’emprunteur remplit bien toutes les conditions légales et contractuelles pour prendre le volant en toute sécurité.